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    Les Uniformes de la Garde Impériale

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    [Grognard]_Liberalis
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    Les Uniformes de la Garde Impériale

    Message par [Grognard]_Liberalis le Lun 19 Jan 2009 - 15:31

    D'après la collection du Cdt Bucquoy, rééditée en 1977 par le Lt-Cl Bucquoy et Guy Devautour
    (Jacques Grancher, éditeur - Paris - N° B.41.876.1990)


    Les Grenadiers à pied



    L'ensemble
    de l'uniforme des grenadiers reste similaire à celui de leurs
    prédécesseurs de la garde des consuls. Toutefois, des modifications de
    détail y furent apportées.


    Le
    grand bonnet à poil - ou ourson - est orné dorénavant d'une plaque en
    cuivre rouge, servant de support à un aigle couronné regardant vers la
    gauche, ses serres agrippant la foudre . Deux grenades, dont les
    flammes sont dirigées vers le haut en oblique vers l'intérieur,
    flanquent cette plaque.




    Grenadiers
    1815

    Lieutenant Porte-Aigle
    en grande tenue ( 1805 - 1811 )

    Tambour du 1er Régiment
    en grande tenue ( 1810 - 1811 )

    Les
    boutons sont en cuivre jaune et portent le même aigle couronné, à dater
    d'octobre 1804. En 1811, le cuivre jaune est remplacé par du cuivre
    rouge.
    La planche suivante nous
    permet d'observer l'apparition, en remplacement de la grenade de la
    garde des consuls - sur la patelette de la giberne - d'un autre aigle
    couronné, entouré de quatre grenades dont les flammes sont dirigées,
    cette fois-ci, vers l'extérieur. Cette ornementation en laiton sera
    remplacée également par du cuivre rouge. 50 cartouches tenaient dans
    cette giberne.



    Grenadier en tenue de parade (paquetage porté de fin 1807 à 1809)

    Après la paix de Tilsit (8 juillet 1807), une grenade brodée en fil blanc remplace la croix blanche
    au sommet du bonnet.


    Après
    l'abdication de Fontainebleau, le nouveau régime impose de remplacer
    les aigles de la plaque du bonnet et de la giberne par les armes de
    France, et ceux des boutons par une fleur de lys. Bien sûr, après le
    retour de l'île d'Elbe, les grenadiers de l’ex-Corps royal surchargent
    la plaque d'une cocarde tricolore.



    Grenadier en Avril 1815 . Tenue de l'ex-Corps Royal au début des 100 jours

    Cette
    modification provisoire fut concrétisée par la distribution de
    nouvelles plaques et boutons à aigle impérial, voire à Grenade, car les
    réserves des magasins furent utilisées intégralement à l'entrée de la
    campagne de 1815.


    L'habit
    de drap bleu impérial subit des transformations plus motivées par un
    souci d'élégance que par des considérations purement utilitaires et
    exagère ses formes. Les bords des revers deviennent de plus en plus
    arrondis sur la poitrine, les grenades Aurore sur du drap blanc découpé
    fleurissent sur les retroussis agrafés qui, de plus, raccourcissent et
    rétrécissent. En 1808, des retroussis fictifs sont même cousus sur les
    Basques.


    Les
    exigences de la discipline et de l'élégance militaire ne sont pas
    incompatibles avec le juste souci de plaire au beau sexe du
    Palais-Royal, au nourrisses des Tuileries, au boutiquières du faubourg
    Saint-Antoine et aux belles bourgeoises de toutes les villes conquises !



    Grenadier et Sergent-Major en tenue de sortie d'été (1805-1808) et Capitaine en tenue de société (1804-1814)

    Toutefois,
    après 1812, le pantalon bleu de 1805 enfilé par-dessus les guêtres et
    le bonnet sans plumet ni cordon furent arborés même en tenue de sortie.



    Tambours ( campagne de 1814 )

    En
    tenue de campagne ou de route les grenadiers parcourent l'Europe,
    revêtus d'un surtout bleu impérial à 7 boutons de cuivre jaune, les
    jambes protégées par un pantalon de drap blanc et bleu ou entièrement
    blanc. Ce surtout, qui sera fermé par 9 boutons après 1807, les
    devants étant descendus afin de couvrir l'abdomen, fut remplacé par un
    deuxième habit, en 1809. Ce même surtout tenait lieu de tenue
    d'exercice, comme nous le constatons sur certaines cartes ci-dessous.




    Chef de Bataillon en surtout
    1806 - 1807

    Grenadier en surtout
    campagnes de 1806 - 1807

    Grenadier en surtout
    1806



    Capitaine et Grenadier
    tenue d'exercices 1804 - 1809

    Tenue portée par la troupe à l'inspection des chefs de bat. (1806)

    Grenadier en tenue de campagne
    1806

    Lorsque
    les intempéries les y contraignaient, les grenadiers endossaient la
    capote de drap bleu (délivrée par ordre du jour du 30 novembre 1804),
    croisée et fermée par 2 rangées de 8 gros boutons, à collet droit et se
    coiffaient du chapeau, le bonnet protégé par un étui en coutil rayé
    bleu et blanc, porté sur le sac en peau de veau recouverte de son poil,
    le plumet dans un étui en toile, fixé sur le fourreau du sabre.




    Le
    grenadier en tenue de route représenté sur la planche suivante, porte
    quand à lui une capote à passepoil rouge aux parements et collet ornés
    d'un petit revers rouge liseré de blanc, décoré d'un petit bouton de
    chaque côté. Ces détails semblent avoir été ajoutés d'une façon
    fantaisiste et momentanément, sans qu'il existe un texte officiel de
    création.



    Tenue de route ( campagne de 1807, d'après Boersch )

    Les
    grenadiers bravant la pluie en Allemagne, la mitraille à Ligny,
    l'ennemi et le froid en Russie et en France ont touché, comme nous
    l'avons remarqué plus haut, le large pantalon de drap bleu ou de toile
    blanche, enfilé par-dessus les guêtres, et le bonnet dénudé du plumet
    et du cordon, qui peut même être protégé par un étui de toile cirée.



    (1) Capitaine à pied en tenue de route ( 1813 ) et Grenadiers à la bataille de Ligny ( Juin 1815 )


    (3) Musicien et tambour ( Retraite de Russie - 1812 )

    Grandes
    étaient leur endurance et leur robustesse lorsque l'on sait que
    l'équipement complet pesait 32 kilos et que les étapes journalières
    pouvaient être énormes : 140 à 180 km furent souvent couverts en 36 ou
    72 heures. Toutefois, il nous faut remarquer que par souci « d'amour
    paternel » envers ses enfants préférés, l'empereur faisait mettre des
    charrettes à la disposition de ses grenadiers pour leur transport,
    tandis que la ligne effectuait toujours tous les déplacements à pied.
    On connaît la remarque des « lignards » : « l'empereur se sert de nos
    jambes plus que de nos baïonnettes pour faire la guerre ».



    (4) Sergent en tenue de route ( campagnes de 1813 et 1814 )

    Autant
    la tenue de route ou de campagne servit de modèle jusqu'en 1914 autant
    la tenue de parade rappelait les tenues élégantes de l'ancien régime :
    le manteau est roulé sur le sac et maintenu par trois courroies de
    buffle. Celle du milieu fait le tour du havresac, fixant l'original
    étui de coutil bleu et blanc du chapeau que l'on ne portait qu’en tenue
    de campagne. En campagne, d'ailleurs, la tenue de parade était
    soigneusement rangée dans le sac, car elle n'était portée qu'au moment
    des entrées solennelles dans les villes ennemies.


    À
    la belle saison les grenadiers, les sous-officiers et leurs officiers
    ne manquaient pas d'arborer l'habit ou le surtout, la veste de basin,
    le col blanc, la culotte de nankin, les bas de coton blanc et les
    souliers à boucles d'argent.



    Grenadier et Sergent-Major en tenue de sortie d'été (1805-1808) et Capitaine en tenue de société (1804-1814)

    En
    hiver, en tenue de sortie, les hommes portaient le pantalon collant
    bleu, serré dans les bottes, ou le pantalon bleu recouvrant les guêtres
    noires.



    Sergent, Caporal et Grenadier en tenue de sortie d'hiver - 1805-1808

    Le
    grenadier de la gravure suivante, dans sa stricte tenue de campagne
    d'été, arbore sur le bras gauche 2 chevrons d'ancienneté de 15 à 20 ans
    de service. Un chevron représentait 10 ans de service, 3 plus de 20
    ans. Il porte, à côté de sa main droite, sa gourde retenue par une
    mince lanière de cuir passée sur l'épaule gauche.



    Caporal en tenue de route (été) - 1809

    La
    coiffure de repos et de campement ou le bonnet de police de forme « à
    la Dragonne », porté par le caporal et le grenadier de la planche
    suivante, est en drap bleu. Une grenade aurore pend sur l’avant, un
    large galon aurore entoure le turban, le passepoil et un autre gland
    décorant la flamme sont également de couleurs aurore.



    Caporal en tenue d'intérieur (hiver) et grenadier en tenue de corvée - 1805-1808


    Dernière édition par [Grognard]_Liberalis le Lun 19 Jan 2009 - 16:28, édité 1 fois


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    Re: Les Uniformes de la Garde Impériale

    Message par [Grognard]_Liberalis le Lun 19 Jan 2009 - 15:33

    Uniforme des officiers

    D'une
    façon générale les tenues des officiers ne différaient de celles de
    leurs hommes que par des détails ou signes distinctifs dont les plus
    importants étaient les épaulettes en or et le hausse-col.


    Rappelons
    que les grades se reconnaissaient seulement à ces épaulettes qui
    étaient brodées sur drap rouge, le corps en chevrons composé de
    torsades et de paillettes d'or qui s'allongèrent et devinrent plus
    épaisses après 1809. La partie circulaire, en forme de bouclier,
    portait une grenade en or et des paillettes en relief.




    Le
    Colonel porte deux épaulettes à grosses torsades d'or (ou cordes à
    puits). Les colonels de la vieille garde pouvaient d'ailleurs être
    généraux de brigade.
    Le Major portent les mêmes épaulettes mais le corps est en argent. Les Majors pouvaient avoir rangs de Colonel.
    Le
    Chef de bataillon porte sur le côté gauche une épaulette à grosses
    torsades d'or et, sur le côté droit, une contre-épaulette sans franges



    Chef de bataillon en surtout ( 1806-1807 ) et Chef de bataillon en grande tenue monté (1805-1814 )

    Le
    Capitaine porte sur le côté gauche une petite épaulette à franges et
    également sur le côté droit une contre-épaulette sans franges.



    Capitaine en grand uniforme (1804-1805 ) et Capitaine en tenue de route (1805-1810 )

    Le
    lieutenant porte les mêmes épaulettes et contre-épaulettes que celles
    du capitaine, les franges de l'épaulette étant agrémentées d'une raie
    en soie rarement représentée sur les documents.



    Lieutenant porte-Aigle en tenue de prise d'armes (Fontainebleau , Avril 1814) et Lieutenant en grande tenue de service (1811)

    Le
    sous-lieutenant porte les mêmes épaulettes et contre épaulettes que le
    lieutenant mais avec deux raies en soie ponceau sur le corps.


    Le
    hausse col, deuxième signe distinctif des officiers d'infanterie en
    service, véritable réminiscence de la plaque de métal qui protégeait la
    base du cou ou mentonnière des anciennes armures, était doré et portait
    un aigle couronné entouré d'une branche de chêne et d'une branche de
    laurier, ces ornements étant argentés.



    Capitaine adjudant-Major en petite tenue (1809)

    La
    petite tenue, ainsi que la tenue d'exercice en habit ou surtout,
    étaient semblables à celles des hommes ; seuls les boutons dorés, les
    grenades brodées d'or des retroussis, la plaque de bonnet dorée et les
    raquettes, cordons, glands et dragonne d'or marquaient la différence.


    En
    ville et en société, les officiers portaient la même tenue que le fier
    capitaine illustré ci-dessous qui nous permet d'admirer son habit, son
    chapeau, sa culotte blanche en toile de coton, en basin ou en nankin,
    ainsi que ses bas de coton blanc et souliers à boucles d'argent.




    En grande tenue, le plumet pouvait être blanc et l'officier chaussait des guêtres de basin blanc.

    En
    campagne et en tenue d'hiver, on revêtait le manteau bleu sur le petit
    uniforme ou le surtout, les épaulettes étaient apparentes ou ramenées
    sur le revers de l’habit, sous le manteau.



    Capitaines en tenues de route

    À
    cheval, l'officier arborait le même uniforme que ses camarades à pied,
    mais toutefois il portait l'épée et était chaussé de bottes « à
    l’écuyère ». Le tapis de selle bleu qui était bordé de deux galons d'or
    (un large et un fin, de l'extérieur à l'intérieur) se voyait relevé
    d'une couronne dorée à chacun des angles.




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    Re: Les Uniformes de la Garde Impériale

    Message par [Grognard]_Liberalis le Lun 19 Jan 2009 - 15:34

    Les Sapeurs

    Les
    sapeurs portent l'habit de leurs camarades grenadiers, les manches
    gauches ornés de 2 haches croisées en or, avec privilège d'épaulettes
    et Dragonnes de sergent (or et rouge), les tournantes en or, les
    passants de ces épaulettes et les grenades des retroussis brodées
    également en or. Ils portent un bonnet sans
    plaque, le cordon étant tressé or et rouge. Leur sabre, souvent
    sabre-scie à tête de coq et la hache qui justifiaient leur désignation
    de « porte-outils », le tablier en buffle blanc et les gants à
    parements constituaient leurs attributs propres.



    Sapeur en tenue de route (1809) et Sapeur en grande tenue de parade (1810-1811)


    Sapeur et Tambour-Major en petit uniforme (tenues de sorties) (1805-1809)

    Défilant
    en tête du Régiment et en avant des tambours et de la musique, à raison
    de 2 par compagnie, leur masse imposante n’était pas sans remporter un
    franc succès auprès des populations admiratives.



    Sergent Sapeur en grande tenue ( 1810 )

    Bien sûr, en tenue de marche, rien ne distinguait un sapeur d’un grenadier, sinon le tablier porté sur l’habit ou le manteau.



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